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SOCIÉTÉ I LA C.N.V AU QUOTIDIEN


P A R    R É G I S   P .   -   2 6 . 0 4 . 2 0 2 1

 Tout d'abord, qu'est ce que la CNV ?

 

Tout le monde a d'ores et déjà entendu parler de l'acronyme CNV, à savoir Communication Non Violente ( et non Communication Non Verbale, Combat Non Violent ou encore Communication Naturellement Violente ), et ce même si, égarons-nous quelques instants, les acronymes possèdent à juste titre, lorsqu'ils sont utilisés à outrance, un caractère de communication.... agressive !

 

Mais ceci est un autre débat que nous n'aborderons pas....  du moins pas aujourd'hui !

 

La CNV s'avère être employée, à plus ou moins grande échelle selon le cadre de discussion, et ce quotidiennement, dans chaque conversation que nous entretenons, que ce soit avec le gentil boulanger d'en face ( en général sa boutique se situe en face.... en face de quoi je ne sais que répondre ! ), la voisine pète-sec, notre adorable collègue qui nous donne plus de boulot que nécessaire, notre conjoint parfois soupe-au-lait et même.... Médor, notre chien ( Si, si ! Je vous assure.... surtout quand il ne dort pas. )

 

Alors, portons dès à présent notre attention sur quelques exemples concrets, ce sera nettement plus parlants ! Commençons par notre gentil boulanger : j'insiste sur le qualificatif gentil car il a vraiment un bon fond, mais, dans un instant T, il peut s'avérer bougon, impoli ou même carrément irascible, mais ça ne fait pas nécessairement de lui un mauvais bougre !

 

Alors, voilà, je vous place dans le décor ( sa boutique de pains, CQFD.... oh le vilain acronyme ) et dans le contexte, Vous, selon le déroulé antérieur de votre journée de bon poil ou à contrario muni d'un poil plutôt hirsute.... ( Je parle bien sûr de votre chevelure qui se marie alors à merveille avec votre mauvaise humeur ! )

 

Concrètement, la situation se résume à deux faits parallèles mais qui vont mal coïncider entre eux : en effet, vous venez chercher votre baguette " Tradition " et celle-ci.... s'est vendue comme des petits pains si bien qu'il n'y en a plus ! Ce problème, anecdotique, peut devenir source de haut conflit si d'aventure la communication entre les deux interlocuteurs ne démarre pas.... en bonne intelligence !

 

Vous vous doutez fort bien que le gentil boulanger ne cherche pas en faire son beurre sur votre dos en vous proposant une baguette "Tradition Deluxe " coûtant 0,18 centimes de plus que votre baguette habituelle (et quand bien même ce sera le cas, dix-huit centimes, ça ne mange pas de pain !) et qu'il ne dissimule pas dans une panière sous sa caisse, une bonne dizaine de baguettes destinées à des clients VIP (Very Important Person, acronyme made in outre-Atlantique), aussi il est essentiel de garder son calme et d'envisager une solution de repli (Il existe pire drame qu'une pénurie de pain durant une journée !)

 

Par ailleurs, ce gentil boulanger, très probablement éreinté par sa journée de dur labeur (à en croire sa mine enfarinée) et ayant encore du pain sur la planche avant de rentrer chez lui, devra lui-même se montrer compréhensif envers vous. Cela implique de faire abstraction des quelques clients qui seront venus précédemment réclamer cette même baguette dont le stock quotidien est épuisé (pas forcément dépourvus de menus complaintes.). Il devra aussi songer que votre organisation en prend une claque et que vous avez peut-être mis un bon quart d'heure à dénicher une place de parking pour finalement se voir entendre que vous allez repartir les mains vides.... mais cela n'est aucunement de sa faute !

 

P L U T Ô T    T R A D I T I O N N E L   O U   É M O T I O N N E L  ?


Bref, vous l'aurez compris, l'une des bases fondamentales de la CNV est de partir du principe de neutralité conversationnelle, effaçant alors les ardoises des événements survenus juste avant, et de partir sur une conversation à doubles battants sains, et accueillir les informations telles qu'elles viennent, et non sans y ajouter la moindre émotion, positive ou négative :

 

• Vous : il n'y a pas, occasionnellement, votre baguette de prédilection ( Oh, malheur ! )

• Le gentil boulanger : Il n'a plus de baguette " Tradition " et va donc devoir décliner de

nombreuses requêtes, ce qui le met dans un sacré pétrin !

 

Et voici les deux méthodes de communications : la conversation dite " traditionnelle " qui peut rapidement se transformer en " non conventionnelle " à cause du stress ou de la pression, et la conversation dite " émotionnelle " qui, paradoxalement, a pour but d'être dépourvue d'émotion, positive et / ou négative :

 

CAS 1 : LA CONVERSATION DITE ''Traditionnelle'' 


Monsieur Levain 

(Le gentil boulanger, neutre, relativement pressé) : 

" Bonjour..... "

 

Vous (Tendu et scrutant votre téléphone) 

" Bonjour, il me faudrait une baguette Tradition s'il vous plaît. " (Vous n'en demeurez pas moins poli.)

 

Monsieur Levain (Que l'on sent agacé / épuisé) : 

" Je n'en ai plus depuis plus d'une heure.... " 

 

Vous ( Nerveux ) : 

"Super ! (Ce terme est une antiphrase !)... Et vous avez quoi d'autre ?"

 

Monsieur Levain (levant succinctement les yeux au ciel) 

"Bah... tout ce qu'il y a devant vous !" 

 

Vous (Déçu) :

"C'est ce pain là que je voulais.... et j'ai pas le temps d'aller ailleurs car je reprends le boulot... (et face à la pression des clients qui patientent derrière) "Au revoir'' (en baissant les yeux)

CAS 2 : LA CONVERSATION DITE ''Émotionnelle'' 


Monsieur Levain (Le gentil boulanger, plutôt jovial) :

"Bonjour, qu'est-ce qui vous fera plaisir aujourd'hui ?"

 

Vous (Détendu et souriant) :

"Bonjour, une baguette Tradition, s'il vous plaît."

 

Monsieur Levain (Cordial et vous regardant dans les yeux) :

"Je suis navré, il ne m'en reste plus.''

 

Vous (Calme) :

"Oh c'est dommage ! J'arrive trop tard !"

 

Monsieur Levain (Commercial) :

"Oui, elle s'arrache dès le matin. Puis-je vous proposer la baguette Tradition Deluxe ?"

 

Vous (Ravi d'avoir une solution de repli) :

"Si elle est aussi succulente que la Tradition, avec joie !"


Comme vous le constatez, à situations similaires, lorsque le dialogue se fait dans la CNV, un compromis est vite trouvé ! Et la Communication Non Violente ne s'arrête pas à l'intonation des propos ni à leur teneur, mais s'étend aussi au regard porté sur l'interlocuteur ainsi que notre attitude générale pendant l'échange. Bien dialoguer avec autrui, ça ne se résume donc pas à bien s'exprimer.

L ' A R T   D E   L A   C O M M U N I C A T I O N   N O N   V I O L E N T E


(c) http://mondoblog.org/
(c) http://mondoblog.org/

Pour mieux situer ce que la CNV peut apporter dans le quotidien, enchaînons sans plus attendre avec une seconde conversation, au caractère plus houleux, avec une collègue de bureau ( que nous ne nommerons pas officiellement par égard pour son anonymat et dont nous lui accorderons le surnom de Melle Sans-gêne ).

 

Melle Sans-gêne est votre collègue de bureau. Une collègue avec qui vous ne vous contentez de partager les murs mais aussi les dossiers professionnelles, la machine à café, la photocopieuse et même.... les commodités !

 

Un matin, vous arrivez d'une humeur égale à celle que l'on peut avoir lorsque l'on ne dispose que quelques heures de sommeil dans les pattes ( à noter que ceci ne concerne en rien votre future antagoniste ) et là vous remarquez une succession de détails fâcheux qui ont le don de vous mettre en pétard !

 

En effet, Mademoiselle Sans-gêne a laissé une dosette de café hier soir en partant ce qui fait qu'elle est restée collée à l'intérieur au point que la machine ne pouvait plus servir ( pourtant votre café matinal EST indispensable, c'est votre petit plaisir ! ), elle s'est copieusement servie de la photocopieuse au point de provoquer un bourrage papier et n'a rien trouvé de plus subtil que de laisser l'appareil rejeter l'intégralité de la ramette dont les feuilles blanchent jonchent dorénavant sur le sol. Autre mésaventure et pas des moindres : Melle Sans-gêne a répondu par mail à l'un de vos collaborateurs en utilisant votre adresse professionnelle et s'est permise de caler un rendez-vous en votre nom, lequel ne pourra nullement être honoré puisque vous serez déjà en déplacement !

 

Le comble arrive lorsque vous entrez dans les sanitaires et apercevez que Mademoiselle n'a pas jugé utile de tirer la chasse ! C'en est trop ! Vous tenez à avoir une explication avec elle et lui balancer au visage ses quatre vérités sauf que....

 

Pourrez-vous maîtriser à cet instant l'art de la Communication Non Violente ?

Petit tour d'horizon des deux cas de figure possibles :

 

CAS 1 : RÈGLEMENT DE COMPTE EN MODE C.U.V 

(Communication Ultra Violente)


Vous (Ton agressif et autoritaire, sans salutations préalables) :

"Marie-Cécile, faut que je te dise deux mots !"

 

Melle Sans-gêne (immédiatement sur la défensive) :

" C'est quoi le problème ? "

 

Vous (montrant des signes ostensibles d'agacement) :

"Le problème, c'est que tu m'agaces ! Que tu ne fais pas ton travail correctement, et que c'est à moi de réparer les dégâts après !"

 

Melle Sans-gêne 

(Vexée mais qui visualise votre absence de self-contrôle) :

"Eh tu te calmes deux minutes ! T'as pas à passer tes nerfs sur moi.... Et tu n'es pas mon boss d'abord !"

 

Vous (Le visage furibond, la respiration difficile) :

"Je me calme si je veux car j'en ai marre de tes conneries et que personne ne te dise jamais rien.... pét**** !''

( BIP ! Inutile de continuer ! )

 

Melle Sans-gêne (Énervée et moqueuse) :

" T'as pas à m'agresser comme ça de bon matin ! Tu ferais mieux de te trouver un mec : ça te détendrait un peu !

 

  • En adoptant un ton agressif d'entrée de jeu, vous démontrez que la situation vous atteint à titre personnel et accorder de l'importance à votre interlocuteur, et surtout vous lui concédez l'avantage. Avec ce type d'accroche conversationnelle, le dialogue ne va faire que s'envenimer crescendo et au final le conflit ne sera pas désamorcer.
  • Pire : il y a fort à parier que vous ne parveniez pas à argumenter sur les raisons légitimes qui vous auront de prime abord poussé à avoir cette désagréable discussion.

Cas 2 : RÈGLEMENT DE COMPTE EN MODE C.N.V 

(Communication Non Violente)


 

Vous ( Ton calme, dénué d'émotions ) :

" Bonjour Marie-Cécile, je peux te parler une minute ? " 

(Le bonjour adoucit de suite les propos)

 

Melle Sans-gêne ( détendue, en mode bonne copine ) :

" Salut Camille ! Bien sûr, je t'écoute.... 

(Le choix du prénom unisexe est volontaire ! À noter que M-Cécile ne semble pas très attentive)

 

Vous ( Sûre de vous, droit dans les yeux ) :

"Écoute, je n'ai pas envie de passer après toi en permanence. Je suis ta collègue et non ta supérieure hiérarchique et je souhaite que nos relations restent pacifiques aussi je te prie de faire ton boulot comme il faut."

 

Melle Sans-gêne 

( Vexée mais ne pouvant qu'apprécier votre diplomatie ) :

" Qu'est-ce que tu me reproches exactement ? "

( Elle va forcément feindre l'ignorance ! )

 

Vous (impassible) 

"Je ne vais pas te dresser la liste de ce qui ne va pas car ce n'est pas mon rôle, mais tu dois comprendre qu'il n'y a aucune raison pour que je doive passer après toi. Ne le prends surtout pas personnellement mais je pense que si chacun de nous travaille en bonne intelligence, cela ne se passera que mieux." ( Vous y laissez de l'espoir et évitez les reproches directs )

 

Melle Sans-gêne (maintenant son calme pour garder la face, et saluant votre franchise) :

" Désolée si je te donne l'impression de mal faire mon travail, mais si c'est par rapport à la disparition du rapport trimestriel, c'est un accident ! J'ai juste voulu vider la corbeille car..." (Vraisemblablement dénuée de remords )


STOP ! Tu risques de regretter d'avoir entrepris une conversation CNV tous azimuts avec ta collègue qui semble posséder plusieurs cordes défaillantes à son actif ! L'essentiel est qu'en optant pour ce mode d'expression, tu es parvenue à te faire entendre sans te créer une quelconque inimitié avec ta collègue, collègue que tu vas devoir encore supporter un bon bout de temps alors autant que vos relations restent plus ou moins cordiales ! (et qui sait, peut-être que cette petite remontée de bretelles aura l'effet escompté.... on peut toujours rêver !)

 

L E S   B I E N F A I T S   D E   L A   C O M M U N I C A T I O N   N O N   V I O L E N T E


(c) https://jaimelesmots.com/etre-comme-chien-et-chat-sentendre-comme-chien-et-chat
(c) https://jaimelesmots.com/etre-comme-chien-et-chat-sentendre-comme-chien-et-chat

Passons dorénavant à un autre dialogue qui peut s'avérer ô combien périlleux avec notre voisine, pharmacienne de métier à qui il manque visiblement une piqûre de bienveillance ainsi qu'une bonne dose de savoir-vivre !

 

Cette dernière a en effet pris le fort désagréable pli de convier ses amis à des fêtes très " nocturnes " ( passant outre le fait de savoir si vous apprécieriez ou non de recevoir un carton d'invitation pour prendre part aux festivités, mais là n'est pas la question ! ) et négligeant surtout de vous en informer en amont, voire le cas échéant demander votre aval dans la mesure où cette fête se passe également sous votre toit ( vous l'aurez saisi, vous vivez dans un immeuble ! )

 

 

Non seulement la fête bât son plein à une heure relativement tardive ( et évidemment vous devez travailler le lendemain matin ) mais qui plus-est les invités semblent meugler plutôt que discuter, des bruits assourdissants ressemblant à ceux des feux troupeaux de mammouth se font ressentir jusque chez vous au point où vous avez cru qu'un séisme d'amplitude 7 sur l'échelle de Richter venait de se produire. Et le comble, le comble, est d'entendre cette bande joyeux lurons vociférer des chansons quasi méconnaissables non pas parce que leur répertoire et le vôtre sont radicalement opposés mais surtout parce qu'elles sont fredonnées.... en état d'ébriété !

 

Vous connaissez le principe, vous avez deux options qui s'offrent à vous :

Cas 1 : La manière forte (CEV)

Communication Extra Violente


Vous 

(passablement sur les nerfs car vous étant maintes fois retourné dans votre lit en espérant que cela cesse) :

" Ouvrez-moi ! Ouvrez-moi où j'appelle les flics ! "

 ( Vous tambourinez à la porte)

 

Madame Revêche 

(c'est son patronyme, aucun jeu de mots aucun ! Plutôt acariâtre car se sentant obligée de faire bonne figure vis-à-vis de ses invités) :

" On se calme ! C'est quoi votre problème ? "

 

Vous (Parlant très vite, agressif) :

" Mon problème c'est vous et le bruit que vous faites Madame Revêche ! Vous savez quelle heure il est ? "

 

Madame Revêche (vexée et déterminée à vous tenir tête) :

" Navrée de déranger Mémère / Pépé, ici on ne fait rien d'autre que passer une bonne soirée entre gens sympas ! "

 

Vous ( Prenant de haut car exténué ) :

"Je vous ferais remarquer qu'il y en a qui bosse ici ! Alors la mèmère / le pépé te somme de baisser le niveau sonore et d'arrêter ton bordel immédiatement sinon je porte plainte pour tapage nocturne !"

 

Madame Revêche

 (agacée et forte d'une supériorité numérique grâce à ses amis) 

" Vous devriez commencer par baisser d'un ton et vous rappelez qu'on n'a pas élevé les vaches ensemble ! Vous n'avez qu'à appeler les flics.... enfin si vous en êtes capable ! "

 

  • À priori, vous n'allez pas obtenir gain de cause et pire : votre voisine risque fort bien de réitérer son exploit et d'envenimer la situation à coups de bruitages intempestifs.
  • Conclusion : les méthodes expéditives telles que menacer d'appeler les flics, la placer en forte gênance vis-à-vis de ses amis ou encore passer vulgairement du vouvoiement respectueux ou tutoiement familier, ça ne peut guère aboutir à autre chose qu'à une querelle sans fin.

Cas 2 : La manière douce (CNV)

Communication Non Violente


Vous (très fatigué mais décidé à faire valoir vos droits) :

"Bonsoir, je me permets de vous déranger car il commence à se faire tard et je souhaiterai dormir avant d'attaquer mon boulot demain" (certes ça peut donner l'impression que vous vous justifiez, mais en sollicitant ainsi votre voisine, vous vous mettez en position de non négociations)

 

Madame Revêche (d'humeur festive mais embarrassée) :

"Veuillez m'excuser si la musique vous importune. On va tâcher de faire moins de bruit. Bonne soirée !''

 (C'est tout à fait ironique car il est davantage l'heure de dormir)

 

Vous ( Neutre ) :

" C'est bien aimable à vous ! " 

(suivi d'un retour une demi-heure plus tard car le volume sonore a certes considérablement baissé, mais les rires, cris et autres bruits non accommodants s'enchaînent de plus belle) "

 

C'est encore moi ! Je suis navré mais je vous entends toujours et j'aimerais éviter de passer une nuit blanche. " 

(d'une voix ferme mais sans énervement)

 

Madame Revêche 

(portant décidément bien son nom, en mode mauvaise foi) :

"On a déjà baissé la musique et depuis tout à l'heure, on chuchote ! Vous poussez un peu !"

 

Vous (gardant votre self-control mais expéditive) :

"Si vous chuchotiez comme vous le prétendez, je ne serais pas là à perdre le peu d'heures de sommeil qu'il me reste à discuter avc vous ! Et je vous rappelle que l'heure légale de tapage nocturne est vingt-deux heures.... alors j'espère ne pas avoir besoin de revenir une troisième fois, à bon entendeur !"

 

Madame Revêche ( À court d'arguments ) :

"C'est exceptionnel, vous pourriez être plus compréhensive..... En tout cas, je ne vous louperais pas le jour où vous recevrez du monde.... " 

( Elle claque la porte ! )


Nul ne peut affirmer si oui ou non, grâce à la méthode de communication en CNV, vous obtiendrez gain de cause mais une chose est certaine : votre voisine a pleinement compris votre démarche et ne peut pas vous reprocher de ne pas lui avoir laissé sa chance, et le temps de se retourner. En ne faisant que sous-entendre que vous allez appeler la police tout en lui exposant le motif de votre demande, vous évitez une confrontation directe tout en lui suggérant qu'il est grand temps de mettre un terme à sa petite fête inopinée.

 

L A   V A L O R I S A T I O N   D E   L A   C O M M U N I C A T I O N   N O N   V I O L E N T E


(c) love-intelligence.fr
(c) love-intelligence.fr

Nouveau cas de figure et pas des moindres, votre conjoint (par souci d'équité et puisque parmi nos trois précédents cas, les deux tiers étaient féminins, ce conjoint potera un titre bien masculin et pour ce faire, nous entrerons dans quelques menues caricatures, c'est plus parlant !)

 

Voici le contexte : il est rentré du travail relativement tôt car il disposait de RTT ( Ah ! Le retour des acronymes ! ) mais ce dernier a opté pour jouer à sa console PS4 ( acronyme de Play Station, 4 comme Quatre ! ) tout l'après-midi plutôt que de s'adonner aux nombreuses tâches ménagères en suspens : telles que faire machine de linge, nettoyer la litière de Pacha ( à ne pas s'y méprendre, Pacha est bel et bien un chat ! ), préparer le repas, sortir la vaisselle du lave-vaisselle, aider votre enfant à faire ses devoirs ( si celui-ci a d'ores et déjà débarqué dans votre quotidien ! ), bref.... tout ce dont vous vous occupez volontiers d'habitude et ce malgré que vous rentriez d'une journée de travail intensif !

 

Une petite explication s'impose, certes !

Mais CNV ou pas CNV, telle est la question que vous allez devoir vous poser avant d'enclencher.... les hostilités !

CAS 1 : LA MÉTHODE TRADITIONNELLE dite CRV

Communication Relativement Violente


Vous

(Éreintée et passant aussitôt, sans vous en rendre compte,

vos nerfs sur votre conjoint) :

" Ça va ! Non mais tu plaisantes, t'as rien foutu de l'après-midi et tu es encore ( Aie, le mot interdit ! ) resté sur ton stupide jeu ! "

 

Lui

 (Vexé et par extension sur la défensive) :

" Oh ça va ! Détends-toi un peu au lieu de passer tes nerfs sur moi ! J'ai le droit de profiter un peu.... pour une fois que je suis en repos ! "

 

Vous

(La colère montant crescendo) :

" Bon, tu te bouges de ce canapé maintenant ! Moi je suis lessivée de ma journée et quand j'arrive, c'est à moi de tout faire, comme d'habitude ! "

 

Lui

(Fuyant votre regard car plongé dans son jeu) :

" Attends.... je finis mon niveau... j'ai failli battre le boss du temps tout à l'heure ! "

 

Vous

(En mode furibonde, à mille lieux de la CNV !) :

" Tu déconnes j'espère ! T'as rien foutu de la journée et tu vas me laisser toutes les corvées à faire ! J'en ai marre de sortir avec une loque ! "

 

Lui

(Vexé et jouant la victime) :

" Calme-toi ! T'es pas obligée de m'agresser ! Tu vas pas me reprocher d'avoir eu un RTT tout de même !

Et puis t'as qu'à ne rien faire, je m'en fous ! "

 

  • En choisissant d'abattre vos cartes d'entrée de jeu, bien que votre colère soit amplement justifiée, le message ne passe pas comme il faut car vous accumulez les reproches favorisant les tensions ( les termes encore ou comme d'habitude ), vous insultez l'intelligence de son jeu ( qui à ses yeux est très important ! ) et vous lorsqu'il ne fait ce que vous attendez lui, vous avez recours à une pieuse insulte qu'il n'apprécie guère car il considère mériter ce repos sans se soucier du double travail quotidien qu'est le vôtre ! ( pas d'amalgame sur le fait qu'il ne soit qu'un homme SVP, acronyme reconnu ! ). Avec cette méthode de communication radicale, nul doute que vous n'obtiendrez rien d'autre qu'une soirée.... de soupe à la grimace !

CAS 2 : LA MÉTHODE MOINS CONVENTIONNELLE dite CNV

Communication Non Violente


Vous

(Blasée mais optant pour faire de l'ironie) :

" Coucou Chéri ! ( l'appeler Chéri ça adoucit de suite vos propos ), ta journée s'est bien passée ? Que nous-as préparé de bon ? "

 

Lui

(Détendu mais gêné) :

" Coucou mon cœur ( on ne lui tiendra pas rigueur de cette tentative nauséeuse de corruption ! ) ! Excellente, je me suis reposé.... par contre désolé je n'ai pas vu le temps passer car j'étais sur mon jeu et... je n'ai rien fait ! " (comme dit le proverbe, faute avouée, monsieur est déjà pardonné !)

 

Vous :

(Déterminée à faire valoir vos revendications pacifiques) :

" Je vois ça.... je comprends ton besoin de repos, mais j'aurais apprécié que tu aies commencé car je suis très fatiguée de ma journée.

 

Lui

(Malin comme un singe) :

" Désolé, je ne savais pas qu'il y avait quelque chose à faire.... tu aurais dû me faire une liste ! " ( Ne pas s'énerver, rester zen, surtout ne pas s'énerver ! )

 

Vous

(Inspirant et expirant pour rester calme) :

" Tu es marrant toi, j'ignorais que tu avais un congé.... et puis franchement, savoir qu'il faut faire à manger, c'est évident ! "

 

Lui

(Comprenant qu'il est vaincu) :

" Je te propose de se faire une soirée pizza ce soir

comme ça pas de travail !" 

 

( Il aurait pu proposer un resto mais faut pas trop pousser non plus ! )

 

  • En optant pour un dialogue muni d'un terme d'accroche affectueuse et d'un rapport de confiance ( certes simulé car vous vous doutez qu'il n'a rien fait ), vous placez votre conjoint en sentiment d'autoculpabilisation immédiate qui fait son œuvre pour vous. À partir de là, il ne vous reste qu'à placer posément vos arguments et vous obtenez sans difficulté ce que vous voulez, à savoir être entendue, écoutée et épaulée ( à sa manière car ne rêvons pas trop non plus ! ). L'essentiel est que le message est bel et bien passé sans une pointe d'animosité ! Merci la CNV !

On pourrait continuer ces petites mises en situation en évoquant une discussion tendue avec votre ado qui lui s'épargne très certainement du mode CNV en lui préférant le mode NRV ( C'est juste l'acronyme d'énervé ! ) pour le remettre dans le droit chemin, un entretien tout aussi animé avec votre employeur afin qu'il vous accorde enfin la promotion qui vous est due, mettant votre sens de la CNV ( Communication Neutralement Valable ) en exergue, une tierce conversation ô combien périlleuse avec votre ex lorsqu'il vous présente sa nouvelle amie, faisant osciller votre choix entre CNV et CNV ( Contact Négativement Valable ) afin de montrer une totale indifférence de façade, ou encore un dialogue tout aussi pertinent avec.... vous-même lorsqu'il vous arrive ( et je parle en connaissance de cause ! ) de perdre l'intégralité d'un fichier informatique, vous faisant exploser de rage en mode CNV ( Contact Nerveusement Virulent ) car vous vous reprochez activement de ne pas l'avoir sauvegardé plus tôt, ce qui est somme toute.... inutile !

 

Bref ( acronyme de " Bon, Revenons-En au Fait " ), vous l'avez saisi, la CNV est devenue indispensable dans notre parler quotidien, et ce quel que soit notre interlocuteur, afin de marier les deux principes fondamentaux d'un échange verbal : comprendre l'autre et être compris !

Commentaires: 1
  • #1

    virginie vauloup (lundi, 26 avril 2021 10:32)

    felicitations REGIS !

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